Exposition coproduite par le musée des beaux-arts de Nantes (6 novembre 2015 > 7 février 2016) et le musée des beaux-arts de Nancy.
L'exposition Étienne Cournault : la part du rêve, rassemble à Nancy une centaine d'œuvres illustrant la richesse des techniques utilisées par l'artiste : miroirs peints, peintures sous verre, peintures au sable, fresques, pastels et gravures.
Les œuvres proviennent pour la plupart de la succession, mais également de collections privées et publiques (le Centre Pompidou-MNAM, le musée d'art moderne de la Ville de Paris, le Mobilier national, le musée des Arts décoratifs, le musée d'Avallonnais et le musée des Beaux-Arts de Nancy).
On doit créer, s'abriter derrière ses œuvres, jalousement, se laisser deviner.
Né à Malzéville, près de Nancy, Étienne cournault (1891-1948) a grandi dans un milieu aisé et cultivé, fasciné par l'Orient et "l'ailleurs". Décorateur "occasionnel" après avoir été remarqué par le collectionneur Jacques Doucet lors de l'exposition organisée par Max Berger à la galerie Vavin-Raspail en 1928, il commence une carrière parisienne ponctuée par des commandes, explorant avec poésie et ironie la frontière entre les beaux-arts et les arts-décoratifs. Se nouent alors collaborations et amitiés avec d'autres proches de Doucet : Pierre Legrain et Rose Adler tandis qu'en 1929 il est l'un des artistes fondateurs de l'Union des artistes modernes (UAM).
Très indépendant, "peintre avant et pardessus tout", il fait bientôt de son atelier de la Douëra le siège d'une œuvre aussi troublante que confidentielle. Il la nourrit par des recherches constantes sur les matériaux et expérimente avec bonheur de nombreuses techniques : peintures et objets sous verre avec miroir argenté, peintures au sable (dès 1923), pastels, gravures, et la fresque qu'il ne cesse de réinventer.
Amoureux du visage humain, curieux des graffitis dès 1927 et de formes hybrides évoquant le surréalisme, voyageur parmi des constellations abstraites, Cournault invente sa propre modernité. "L'inutile, l'étrange, le mystère" (Roger Brielle, 1931) habitent son monde. Cette "part du rêve" identifiée par André Chastel en 1951 est au cœur de l'exposition organisée par les musées des beaux-arts de Nancy et de Nantes.
"D'une variété déconcertante, où les "manières" sont aussi diverses que les techniques, on retient une aptitude à travailler toutes les matières, le tain du miroir, la chaux des fresques, le dur et le friable, le cuivre et le pastel, pour introduire inlassablement dans les objets la fantaisie et l'ornement, ou, comme on disait vers 1920, "la part du rêve". Et ce n'est pas la plus mauvaise définition du créateur". (André Chastel, Le Monde, 1951)