Rémy (FR) • Rap
Un nom prénom, une jeunesse les poches vides, à Aubervilliers, cité La Frette. Un daron ouvrier à la chaîne et une maman gardienne d’immeuble. Rémy a vingt à peine. Il rappe la vie, celle qui respire encore, malgré la galère, le béton cannibale, l’horizon saturé. Il rappe le passé, aujourd’hui et demain, sa maman et la rue, les paradoxes et les espoirs. Il rappe moins pour briller que pour s’élever.
Son premier album, chez Def Jam, “C’est Rémy”, n’est pas un énième disque de rap hexagonal, viril et menaçant, ego trip et kalash sur la banquette arrière. Non. Ici, bien sûr, rien n’est figé, tout est possible, les couleurs se mêlent, on passe de la mélancolie à la colère, du soleil à la grisaille, de l’intérieur à l’extérieur. On vit et on avance, coûte que coûte. Sans jamais juger ni oublier. Rémy n’ignore pas que l’espoir est cette chose fragile, capricieuse et il écrit, seul, dans sa chambre, pour grandir, comprendre, avancer, oui. De sa fenêtre, il voit le monde. Celui qui existe et celui qu’il devine, au fond de ses entrailles.
YL
Voix rocailleuse, regard lucide et plume aiguisée. Ambition, charisme et humilité. Localisé dans le 11ème arrondissement de Marseille, cité Air Bel, l’avenir du rap français tient en deux lettres : YL. Un blaze simple, efficace et tout en sobriété, à l’image de celui qui l’arbore : du haut de ses 195 centimètres et de ses 22 printemps, Yamine — de son prénom — semble avoir toutes les cartes en main pour réconcilier les époques.